Une
question qui vient à l’esprit après cette discussion est la
suivante : comment pouvons-nous arriver à surmonter notre chagrin
et notre sentiment de désespoir quand une calamité nous frappe?
Chaque personne aura à vivre une ou des périodes d’angoisse
et de détresse, au cours de sa vie, et certaines personnes plus que
d’autres. Les gens réagissent de diverses façons à ces
situations; mais comment un croyant doit-il apprendre à surmonter
sa détresse?
La
première chose qu’un croyant doit comprendre et reconnaître,
c’est que toute épreuve provient de Dieu. Le Coran dit
:
« Dis-leur
(ô Mohammed) : « Tout vient de Dieu. » (Coran
4:78)
Une fois
que nous réalisons que tout vient de Dieu, nous devons aussi
comprendre que Dieu est Très Aimant (al-Wadoud) et Bon
(al-Barr). Il y a donc un bien dans chaque chose que Dieu
décrète pour nous, même si nous ne le voyons pas immédiatement.
Dieu dit :
« Mais il
se peut que vous détestiez une chose alors qu’elle est bonne
pour vous, et il se peut que vous aimiez une chose alors
qu’elle est mauvaise pour vous. Dieu sait, tandis que vous ne
savez pas. » (Coran 2:216)
Hasan
al-Basri, un grand érudit musulman, a dit
:
« Ne
nourrissez pas de ressentiment à l’égard des calamités qui
vous frappent ou des désastres qui surviennent. Il se peut que
votre salut se trouve dans une chose que vous n’aimez pas ou
que votre perte se trouve dans une chose que vous aimez.
»
Par
exemple, si un homme est congédié, il se peut que ce soit pour
trouver, par la suite, un meilleur emploi, qu’il
n’aurait pas cherché s’il n’avait pas été
congédié. L’un des bienfaits des calamités, dont nous pouvons
être certains, est que Dieu pardonne les péchés de la personne qui
les subit. Mous’ab ibn Sa’d ibn Malik a rapporté que
son père a demandé :
« Ô
messager de Dieu: qui sont les personnes les plus testées et
éprouvées, en cette vie? » Le Prophète répondit : « Les prophètes
et ceux qui leur ressemblent (i.e. qui craignent Dieu et qui sont
pieux). Une personne est testée en fonction de sa piété et de sa
foi. Si sa foi est forte, elle sera rudement éprouvée; et si sa foi
est faible, elle sera testée en conséquence. Une personne sera
éprouvée par toutes sortes de calamités, jusqu’à ce
qu’elle n’ait plus de péchés à son actif. » (Ibn Hibban
#2901)
Fadl ibn
Sahl a dit :
« Il y a,
dans les épreuves de la vie, une bénédiction que l’homme sage
ne devrait pas ignorer; car l’épreuve efface les péchés,
offre l’occasion de mériter une rétribution pour sa patience,
rend moins négligent, rappelle à quel point la santé est une
bénédiction, pousse au repentir et à donner en charité.
»
Le croyant
doit toujours se tourner vers Dieu quand il est éprouvé. De cette
façon, l’épreuve qui le touche lui rappelle que
l’objectif ultime de sa vie – et la raison pour
laquelle il a été créé – est l’adoration de Dieu. Telle
est la signification de notre existence. Dieu dit, dans le
Coran:
« Je
n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils
M’adorent. » (Coran 51:56)
Souvent,
quand tout va bien dans sa vie, l’homme oublie d’adorer
Dieu. Et ce n’est que lorsqu’une calamité le frappe
qu’il se souvient de Lui et L’invoque. C’est
ainsi qu’une calamité peut servir à rappeler à l’homme
la raison pour laquelle il a été créé. Ibn Taymiyyah, un érudit
musulman, a dit :
« Une
calamité qui vous pousse à vous tourner vers Dieu est meilleure,
pour vous, qu’un bienfait qui vous fait oublier Dieu.
»
Imam
as-Soufyan a dit:
« Ce
qu’une personne déteste peut être meilleur, pour elle, que ce
qu’elle aime; car ce qu’elle déteste la pousse à se
tourner vers Dieu, tandis que ce qu’elle aime la rend
insouciante. »
Par
conséquent, chaque fois que nous sommes éprouvés, nous devrions
nous montrer reconnaissants envers Dieu et dire
alhamdoulillah (louanges à Dieu). Le prophète Mohammed
(que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit
:
« Le croyant a une destinée étonnante ! Tout ce
qui lui advient est bénéfique, et cela n’est réservé
qu’à lui seul. En effet, lorsqu’un bien lui échoit, il
remercie Dieu et ceci est un bien pour lui. Et s’il est
victime d’un malheur, il se montre patient et cela est aussi
un bien pour lui. » (Sahih
Mouslim)
Quand Ibn
Taymiyyah fut injustement emprisonné, il considéra sa situation
comme une bénédiction rendue possible par ses ennemis, car il passa
son temps d’emprisonnement dans l’adoration de Dieu. Il
dit :
« Que
peuvent bien me faire mes ennemis? Mon emprisonnement est une
retraite religieuse (i.e. une occasion d’adorer Dieu),
s’ils me tuent, ils feront de moi un martyr et s’ils
m’expulsent de ma ville, ce sera pour moi une occasion de
voyager. »
Le
prophète Mohammed a dit :
« Si un
musulman frappé d’une calamité dit ce que Dieu lui a enjoint
de dire (i.e. « C’est à Dieu que nous appartenons et
c’est vers Lui que nous retournerons. Ô Dieu, rétribue-moi
pour cette affliction et remplace-la par quelque chose de meilleur.
»), Dieu le récompensera par quelque chose de meilleur. »
(Sahih Mouslim)
Nous
devons garder à l’esprit que Dieu éprouve ceux qu’Il
aime le plus. Le Prophète a dit :
« Les plus
grandes récompenses viennent avec les plus grandes épreuves. Quand
Dieu aime des gens, Il les teste. Quiconque accepte cela gagne Sa
satisfaction. » (at-Tirmidhi)
Le
Prophète a également dit:
« La voie
vers le Paradis est pavée de difficultés.
»
Les
calamités et la détresse qui les accompagne servent, entre autres,
à effacer nos péchés ici-bas, afin que nous ne soyons pas châtiés
pour ces péchés dans l’au-delà. Le Prophète a dit
:
« Les
croyants et les croyantes continueront d’être éprouvés
– par rapport à eux-mêmes, à leurs enfants et à leurs biens
– jusqu’à ce qu’ils rencontrent leur Seigneur
sans aucun péché à leur actif. »
(at-Tirmidhi)
Dieu ne
nous envoie par des calamités pour nous détruire, ébranler notre
volonté ou nous achever, mais plutôt pour tester notre patience et
notre foi. Si jamais aucune épreuve ne l’atteignait, une
personne deviendrait vite arrogante et insouciante et son
cœur s’endurcirait, ce qui la conduirait tout droit en
Enfer. Les épreuves sont donc une bénédiction de Dieu, un remède
qu’Il nous envoie pour guérir notre cœur et pour que
nous travaillions à faire disparaître ces défauts, en nous, qui
risquent de nous mener à notre perte.
Quand nous
sommes éprouvés, nous devons nous souvenir que Dieu nous
récompensera pour cela, mais aussi nous montrer patients. Car la
récompense ultime ne sera pas ici-bas, mais dans l’au-delà.
Abou Soufyan perdit un œil, lors d’une bataille où il
défendait les musulmans. Il demanda au Prophète de prier Dieu pour
qu’il recouvre la vue dans son œil. Le Prophète lui
demanda s’il préférait recouvrer la vue ici-bas ou dans
l’au-delà et Abou Soufyan répondit qu’il préférait
recevoir sa rétribution dans l’au-delà. L’histoire nous
apprend qu’il finit par perdre la vue dans son autre
œil également.
Dieu dit
:
« Nous
faisons descendre Notre miséricorde sur qui Nous voulons et ne
faisons pas perdre aux hommes de bien la récompense [de leurs
œuvres]. Et la récompense de l’au-delà est bien
meilleure pour ceux qui croient et craignent (Dieu). » (Coran
12:56-57)
Le croyant
ne doit jamais désespérer de la miséricorde de Dieu et croire que
Dieu ne le sortira pas des mauvaises situations dans lesquelles il
se retrouve. En fait, le nom de Satan, en arabe (Iblis)
vient du mot-racine ablasa, qui signifie « désespoir ».
Parfois, quand une calamité frappe une personne, elle a recours à
l’alcool ou à des substances illicites pour oublier sa
douleur. Mais le croyant ne sombre jamais dans le désespoir, car il
se tourne vers Dieu et cherche refuge auprès de Lui. Dieu dit, dans
le Coran :
« Par la
clarté matinale! Et par la nuit quand elle couvre tout! Ton
Seigneur ne t’a pas abandonné et ne te déteste pas. La vie
dernière sera meilleure, pour toi, que la vie présente. Ton
Seigneur t’accordera [Ses largesses] et alors, tu seras
satisfait. » (Coran 93:1-5)